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06/10/2012

Crise oblige, les boutiques d’achats d’or se multiplient

 

Bienvenue dans le monde complexe des acheteurs d’or. La combinaison de la crise et des valeurs historiques atteintes par les métaux précieux font que le marché est en pleine expansion. Et que la concurrence fait rage entre internet, bijoutiers, commerces itinérants et boutiques spécialisées. Ces dernières poussent comme des champignons, avec des vitrines tapageuses qui promettent toutes de racheter votre or au meilleur prix. C’est ce que nous avons voulu vérifier. En se faisant passer pour de simples clients munis d’une collection de dix pièces de 20 francs – les fameux napoléons –, de six pièces de 20 francs suisses, de cinq pièces de 10 florins et de deux médailles et chaînes. Marchandage Bilan des courses : sur les six établissements testés, cinq propositions différentes. Et un écart de 643 €. Le moins offrant se situe à 4 324,08 €, là où le plus offrant culmine à 4 967,50 €, soit 47 € de plus que le second. Hasard ou coïncidence, les deux plus généreux, dont un numismate, sont sur la place depuis plusieurs années. D’un coup d’œil, ils repèrent parmi les dix napoléons deux pièces à différencier parce qu’elles ont un peu plus de valeur : « Des Marianne Coq ». Une troisième acheteuse les signalera aussi : « Vous devriez aller voir un numismate pour celles-là. » Avant de les remettre avec les 19 autres dans la balance et de finalement peser le tout sans opérer de différences entre ces pièces aux valeurs très disparates. Car chaque acheteur a sa méthode et surtout son propre circuit d’écoulement. « Moi, ça part à la fonte », indique celle qui reprend tout au poids (136,56 g de pièces et 10,76 g de médailles) pour un total de 4 623,23 €. Là où les deux plus offrants vont remettre les pièces en circulation sur le marché des investisseurs. Quant aux bijoux, payés au poids, les prix varient dans les cinq boutiques de 250 à 220 €, sans qu’on comprenne vraiment pourquoi : les explications sont floues ou complexes. 18 ou 24 carats, suppression de 25 % du grammage, l’or ne pesant que 75 % du poids total, le client a de quoi s’y perdre ! Tous les prix sont nets, c’est-à-dire déduits des commissions et des 8 % de taxes de l’État. Une obligation, comme celle de payer les achats en chèque et de demander une pièce d’identité. Une manière de sécuriser le marché face au recel. L’un des acheteurs s’en affranchit allégrement : « Je peux vous payer une partie en liquide si vous voulez. Parce que la provenance, je m’en fous ! » C’est la seule irrégularité vraiment relevée. Car là où le bât blesse, c’est que la profession n’est pas réglementée. Chacun y est notamment libre de fixer son propre prix d’achat. Ce qui donne lieu à des scènes cocasses, genre marchandage de tapis : « Je suis moins bien placé que d’autres acheteurs ? Attendez, y’a pas de souci, je peux faire mieux ! »

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