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28/10/2012

dollar, yen et or

un article de Dominique Thiébaut

Tiercé dollar, yen et euro ; l'or noir remonte et le métal jaune reflue

 

Rebond. Le dollar a repris du poil de la bête  alors que la tension espagnole diminue - ce qui rend moins attrayant l'euro...- et que c'est le yen qui prend la main, avec un pas vers le QE japonais...La monnaie nipponne bénéficie à nouveau de son statut de valeur refuge, nous expliquen les agences de presse, dans un contexte de crise de la dette européenne et d'essouflement de l'économie américaine; mardi, le yen se reprenait après être chuté la veille à l'annonce d'un très mauvais indicateur économique japonais. La devise européenne, quant à elle, peine à retouver sa piste hausière face au billet vert; ce qui recommencerait si l'euro parvenait à se hisser à 1.3130 dollar. De leur coté, les cours du pétrole rebondissaient mardi matin en Asie, dans un mouvement de chasse aux bonnes affaires après la baisse de la veille causée par des craintes sur la demande mondiale. Le baril de WTI décembre gagnait 29 cents à 88,94 dollars, alors que le Brent décembre s'appréciait de 29 cents à 109,73...A noter que l'or, comme les autres métaux précieux, a vu son prix de nouveau fléchir alors que se dissipe l'enthousiasme suscité en septembre par des mesures de la Fed pour soutenir l'économie prises après une série d'indicateurs encourageants aux Etats-Unis. Le cours du métal jaune avait atteint début octobre un sommet depuis onze mois à près de 1 800 dollars l'once...

 

CHANGES. L'euro cédait du terrain mardi après sa poussée de la veille liée à un apaisement des inquiétudes concernant l'Espagne, alors que les investisseurs spéculaient en Asie sur un nouvel assouplissement de la banque centrale japonaise (BoJ).
Vers 06H00 GMT (08H00 à Paris), l'euro valait 1,3047 dollar contre 1,3060 dollar lundi vers 21H00 GMT.
La monnaie unique européenne reculait face à la devise nippone à 104,23 yens contre 104,43 yens lundi soir. L'euro était monté lundi après-midi à 104,46 yens, son plus haut niveau depuis début mai face à au yen.
Le dollar reculait également face à la monnaie japonaise à 79,88 yens contre 79,95 yens lundi soir, évoluant toutefois à des niveaux plus vus depuis début juillet.
Vers 06H00 GMT, la livre britannique remontait face à la monnaie unique à 81,48 pence pour un euro - après être tombée lundi à 81,64 pence, son niveau le plus faible depuis mi juin. La livre sterling était stable face au billet vert à 1,6011 dollar.
La devise helvétique baissait face à l'euro à 1,2108 franc suisse pour un euro, et face au billet vert à 0,9280 franc suisse pour un dollar.

 

A SAVOIR. Dans l'ensemble, l'euro reculait un peu après les gains de la veille dans la foulée d'élections régionales qui se sont tenues dimanche en Espagne et dont l'issue a été bien accueillie. Bien que fragilisé par la crise sans précédent que rencontre le pays, le chef du gouvernement Mariano Rajoy,a sauvé la face en Galice, sa région natale où la droite a gardé la majorité.
A NOTER. C'est le yen qui concentrait les échanges mardi. La monnaie nipponne, qui a bénéficié depuis plusieurs mois de son statut de valeur refuge dans un contexte de crise de la dette européenne et d'essouflement de l'économie américaine, se reprenait mardi après sa chute de la veille provoquée par l'annonce d'un très mauvais indicateur économique japonais.
En septembre, la balance commerciale du pays a en effet subi en septembre un lourd déficit de 558,6 milliards de yens (5,5 milliards d'euros), du jamais-vu depuis 1979. Les exportations nippones ont chuté de 10,3% à cause d'une mauvaise conjoncture mondiale qui réduit la demande en machines et voitures nippones, aggravée par les effets collatéraux de la crise diplomatique avec la Chine.
Lundi, la Banque du Japon (BoJ) a rappelé dans un rapport trimestriel le mauvais état de l'économie du pays alimentant les spéculations des investisseurs sur de nouvelles mesures d'assouplissement pour relancer la croissance nippone à l'occasion de sa réunion du 30 octobre.
"Il est entendu que la BoJ va faire quelque chose. L'attention se porte maintenant sur ce que sera ce quelque chose", a relevé Takumi Nomura, cambiste chez Bank of Tokyo-Mitsubishi, interrogé par Dowjones Newswires
Mardi, le ministre japonais des Finances, Koriki Jojima, a démenti des informations de médias nippons évoquant une demande du gouvernement à la BoJ pour qu'elle renforce son programme de rachat d'actifs d'une enveloppe globale de 80.000 milliards de yens (800 milliards d'euros).
Les cambistes attendaient par ailleurs la réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) prévue mardi et mercredi, sans toutefois compter sur de grands bouleversements à quelques jours maintenant de l'élection du prochain président des Etats-Unis.

 

 

 

 

PETROLE. Les cours du baril rebondissaient mardi matin en Asie, dans un mouvement de chasse aux bonnes affaires après la baisse de la veille causée par des craintes sur la demande mondiale. Le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en décembre, dont c'est le premier jour de cotation, gagnait 29 cents à 88,94 dollars, dans les échanges matinaux, alors que le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre s'appréciait de 29 cents à 109,73. Lundi, le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en novembre, dont c'était le dernier jour de cotation, avait reculé de 1,32 dollar à 88,73 dollars, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex). A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre avait terminé à 109,44 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE), en baisse de 70 cents.

 

A SAVOIR. Les cours se reprenaient après "avoir nettement reculé la veille en raison de résultats décevants d'entreprises américaines, et d'une baisse des attentes du marché sur la reprise économique mondiale", a déclaré Justin Harper, analyste chez IG Markets Singapore. "Je pense que ce sont les chasseurs de bonnes affaires qui reviennent, après une forte baisse" des cours, a-t-il ajouté.

 

A NOTER. La veille, le marché pétrolier à New York avait accueilli fraîchement la publication des résultats trimestriels du premier constructeur mondial d'engins de chantier, l'américain Caterpillar. Le groupe, considéré comme un baromètre de l'industrie, a averti qu'il s'attendait à un net ralentissement au quatrième trimestre, et abaissé ses prévisions pour l'année, citant la faiblesse de l'économie en Europe et le ralentissement en Chine.

 

MATIERES PREMIERES. L'or, comme les autres métaux précieux, a vu son prix de nouveau fléchir cette semaine alors que se dissipe l'enthousiasme suscité en septembre par des mesures de la Réserve fédérale américaine (Fed) pour soutenir l'économie, après une série d'indicateurs encourageants aux Etats-Unis. Le cours de l'or, qui avait atteint début octobre un sommet depuis onze mois à près de 1 800 dollars l'once avant de battre en retraite, a accentué son recul cette semaine, glissant en début de semaine à 1 728,85 dollars, au plus bas depuis 5 semaines, avant de rester cantonné les jours suivants dans une fourchette étroite. "L'euphorie qui avait suivi (mi-septembre) le lancement du nouveau programme d'assouplissement monétaire de la Fed s'est largement évanouie au cours des deux dernières semaines", remarquait Michael Lewis, analyste de Deutsche Bank. Se traduisant par des injections de liquidités dans l'économie, ces mesures de la Fed destinées à stimuler l'activité contribuent à alimenter l'inflation, contre laquelle l'or est réputé être un bouclier efficace, et tendent à diluer la valeur du dollar, ce qui rend plus attractifs les achats de métaux précieux libellés dans la monnaie américaine pour les acquéreurs munis d'autres devises. Or, le marché a été refroidi cette semaine par une vague d'indicateurs jugés encourageants aux Etats-Unis, dont des statistiques immobilières meilleures que prévu, ainsi que de forts rebonds de la production industrielle. "Ces indicateurs économiques plus solides que prévu font redouter que la Fed réduise ses rachats d'actifs, et donc limite l'impact que ses mesures" ont sur l'inflation et la valeur du dollar, soulignait Austin Kiddle, du courtier Sharps Pixley. Dans ce contexte, "on voit s'affaiblir la demande pour les fonds ETFs", instruments financiers adossés à des stocks physiques d'or, et "le cours du métal jaune pourrait piétiner pendant plusieurs mois, en l'absence probable de nouvelles actions des grandes banques centrales", selon M. Lewis. Cependant, plusieurs analystes s'attendent à voir l'or rebondir avec vigueur à moyen terme. "Il faudrait un nouveau catalyseur (pour revigorer l'or), et cela pourrait probablement être une nouvelle escalade de la crise de la zone euro, qui susciterait un regain d'appétit pour l'or comme valeur-refuge", soulignait Julian Jessop, analyste du cabinet Capital Economics. La perspective d'un "mur budgétaire" aux Etats-Unis (une refonte automatique du budget qui imposera début janvier augmentation massive des impôts et fortes coupes budgétaires à moins d'un accord d'ici là entre partis républicain et démocrate) "pourrait aussi redonner des couleurs à l'or", ajoutait M. Jessop, tablant sur un nouveau record, à 2 000 dollars l'once, "dans les prochains mois". Sur le London Bullion Market, l'once d'or a terminé à 1 737 dollars la semaine au fixing du soir contre 1 766,75 dollars la semaine précédente.

L'argent métal, considéré comme une alternative, meilleur marché au métal jaune, est resté cette semaine dans une marge de prix étroite autour de 30 dollars l'once. Le métal gris a terminé la semaine à 33,33 dollars l'once, contre 33,79 dollars sept jours auparavant.Quant aux métaux platinoïdes, dont le principal débouché est l'industrie automobile, ils ont été pénalisés cette semaine par l'annonce d'une chute de près de 11% sur un an en septembre des ventes de voitures neuves dans l'Union européenne. "Les perspectives moroses de la demande plombent les prix, et ce en dépit des perturbations persistantes sur la production en Afrique du Sud", premier pays exportateur de platine et dont le secteur minier est agité depuis mi-août par un violent conflit social, a observé le courtier spécialisé Johnson Matthey. Sur le London Platinum and Palladium Market, l'once de platine a terminé la semaine à 1 633 dollars contre 1 678 dollars une semaine auparavant. L'once de palladium a fini à 638 dollars contre 650 dollars la semaine précédente.

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