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29/10/2012

Les boutiques de rachat d'or à nouveau épinglées

Source : Le figaro.

L'Institut national de la consommation réclame un encadrement législatif plus fort du secteur de rachat des bijoux.
La hausse des cours de l'or ne doit pas pousser les particuliers à l'imprudence. C'est le message envoyé par l'Institut national de la consommation (INC) et les Crédits municipaux qui ont mené une enquêtedans les boutiques spécialisées dans l'achat d'or à Paris et sa banlieue, Marseille, Rouen, Nantes, Strasbourg, Toulouse, Toulon et Bordeaux.

Des clients mystères ont été envoyés dans 150 officines pour fait évaluer un lot de bijoux d'une valeur identique pour chaque ville, préalablement expertisé par des spécialistes. Le résultat est «sans appel» selon l'INC: «Dans près de 97% des cas, quel que soit le cours de l'or, les estimations proposées par les ‘professionnels' étaient bien en dessous de celles préconisées par les experts, autrement dit les consommateurs n'en ont pas pour leur or». L'enquête a mis en lumière des pratiques d'évaluation douteuses qui amènent à des écarts d'estimation pouvant varier du simple au double. A Bordeaux, l'achat d'un même lot de bijoux, préalablement expertisé à 1200 euros, a ainsi été proposé à 1000 euros dans une boutique et à 531 euros dans une autre.

Autre problème: les informations fournies aux clients sont «trop succinctes, voire inexistantes». Ainsi, aucune officine n'affichait le prix du gramme ou du kilo d'or acheté. Dans 9 établissements sur 10, le cours de l'or lui-même n'était pas mentionné. Seuls 5% des acheteurs indiquaient le montant de leurs commissions, des taxes et autres frais éventuels. Pas un seul point de ventes sur les 150 visités, n'a remis un document écrit précisant le descriptif du bijou, son poids et sa valeur en or, ou même sa valeur estimée globale. Pire, dans 75% des cas, aucune pièce d'identité n'a été réclamée au client mystère. Six boutiques auraient même proposé de payer les vendeurs en liquide, ce qui est interdit par la loi.

Problème de réglementation

Sur ce dernier point, la Chambre syndicale des négociants d'or et du bijou d'occasion (CSNOBO) dénonce une «faille» dûe à l'absence de décret d'application d'une loi de 2011 interdisant les paiements en espèce. «Aujourd'hui, il n'y a rien de précis, rien de clair. Certains appliquent la loi et refusent tout paiement en espèce mais d'autres continuent d'appliquer le seuil précédent de 3000 euros», fait remarquer Gilles Rebibo, président fondateur de la CSNOBO et fondateur du groupe Mister Gold.

D'après lui, la profession reste régie par des dispositions remontant à Napoléon, avec des réglementations douanières, fiscales et policières souvent contradictoires. «Il est absolument impossible de se retrouver dans les textes actuels», déplore Gilles Rebibo. «Tant que l'on n'était pas nombreux, ce n'était pas trop important mais avec la forte augmentation des acheteurs d'or, il faut que les règles soient les mêmes pour tout le monde, pour éviter toute concurrence déloyale et pour protéger le consommateur», a-t-il expliqué.

Le nombre d'officines est passé en France de 1000 à quelque 3000 en seulement quatre à cinq ans, affirme la chambre syndicale et «n'importe qui peut en ouvrir une», sans avoir de formation particulière ni même de vérification du casier judiciaire, assure le CSNOBO. Le secteur, qui a vu son chiffre d'affaires multiplier par 4 ou 5 depuis quatre ans avec la crise selon le CSNOBO, devrait encore se développer. Gilles Rebibo réclame donc l'adoption d'une loi pour professionnaliser le secteur et déterminer une réglementation fiscale et douanière «précise et compréhensible par tout le monde». Même revendication du côté de l'INC et des Crédit Municipaux qui donnent quelques conseils aux particuliers: demander un devis et une facture précisant le poids, le nombre de carats et le prix du bien, comparer les différentes propositions d'achat avant de vendre et faire préalablement peser l'or, par exemple à La Poste. Un livret d'informations à destination des consommateurs est également en cours d'élaboration.

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