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19/10/2013

Les nouveaux styles de la glisse.

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Longtemps, les anciens sur deux planches avec bâtons et les modernes sur une seule et sans bâtons se sont affrontés. En bref, c'était skieurs contre snowboarders. Et dans le look, la rivalité éclatait. Les surfeurs en tenue de skate ou street – baggy en bas et sweat en haut – avaient relégué la combinaison de ski de papa au placard. Mais les adeptes du ski ont contre-attaqué. Grâce à la technicité de leurs nouvelles planches, plus galbées, spatulées aux deux extrémités et surtout bien plus courtes, ils ont pu à leur tour faire de belles figures. Ainsi est né l'esprit freestyle – mix de surf et de ski acrobatique –, dans lequel les deux principales tribus des neiges se retrouvent. Et côté style, désormais, les bases vestimentaires des uns et des autres se rejoignent aussi. Les snowboarders ont compris qu'une veste technique et un pantalon un peu plus près du corps protégeaient mieux du froid qu'un simple jean. De leur côté, les skieurs se sont mis au diapason du surf des neiges en choisissant des tenues aux proportions plus amples dans des coloris plus sobres. Les différentes écoles de la glisse s'entendent donc sur les impératifs de performance, de couleur et de coupes ajustées, qu'elles transposent chacune à leur manière. Pour reconnaître les codes des uns et des autres, aujourd'hui, seuls les détails comptent.


Freestyle, nouvelle tribu acrobatique


C'est la valeur montante de la montagne enneigée. Imaginez un croisement entre skateboard et ski acrobatique, vous obtiendrez le freestyle. Ses adeptes sont des fans de l'esprit glisse venu du snowboard mais ne jurent que par l'évolution technologique des skis à double spatule, des skis courts et autres planches de surf très perfectionnées. Leur hobby : les figures spectaculaires dans les «half pipes», les tremplins de neige dits «big air» et les parcours d'obstacles de «skicross». Le freestyler est un esthète et son look s'en ressent : ses vêtements sont taillés très près du corps dans des matières souples et extensibles, par exemple des tissus en Cordura anti-abrasion, et enrichis de Lycra pour plus de mouvement (une innovation signée du tisseur suisse Schoeller). Les lignes sobres sont traversées de bandes graphiques dans des oppositions de couleurs fortes, noir et fuchsia, blanc et rouge. Sun Valley mise sur les vêtements aux coupes ergonomiques, aux coutures tournantes pour mieux accompagner les figures. Même les marques pro du surf s'intéressent à eux : Quiksilver déclare par exemple la guerre aux boutons et utilise des fermetures aimantées dans l'objectif hautement louable d'éliminer au maximum coutures inutiles et constructions complexes. Très impliquée dans le développement du freestyle, la marque québécoise Orage commence à se faire connaître dans les Alpes car elle gère les détails jusqu'aux pochettes spécifiques (carte bancaire, mobile, skipass) dans chaque poche. Tout est pensé : le fresstyler n'a plus qu'à s'adonner à la beauté du geste.


Freeride, l'esprit montagne


Partir à l'aventure, loin des remontées mécaniques, là où la poudreuse est vierge de toute trace... Sauter hors piste des barres rocheuses vertigineuses... Tels sont les frissons recherchés par les freeriders, qui n'ont froid ni aux yeux ni au corps, vu qu'ils plébiscitent un équipement ultratechnique, chaud et léger. Stylistiquement parlant, ça donne des lignes sobres et très colorées (très visibles en haute montagne pour plus de sécurité) qu'ils trouvent chez les spécialistes de l'alpinisme : Millet, The North Face, Patagonia ou encore Arcteryx. En 1996, cette marque canadienne a révolutionné l'univers du freeride en créant les premières tenues aux coutures et finitions entièrement soudées. Adepte des couleurs franches travaillées en faux monochromes (orange fluo, jaune lumière, bleu électrique), elle a aussi introduit des astuces de coupes, devenues des standards de la panoplie freeride haut de gamme. Citons les fermetures à glissières étanches qui permettent de s'affranchir des rabats de poches, par exemple, et les panneaux extensibles sur les côtés des vestes et des pantalons pour donner de l'aisance aux pièces doublées de Gore-Tex. Cette membrane imperméable et respirante est essentielle pour protéger du mauvais temps sans alourdir le vêtement. Les freerider veulent bien prendre des risques sur les planches, mais ne jouent pas avec le confort.


Snowboard tout confort


Pour ceux qui restent fidèles aux origines skate et rebelles du snowboard, l'heure est à la fantaisie tendance punk. «On voit ainsi apparaître le tartan façon Westwood cette saison», note Tilmann Wrobel, styliste de la marque Gotcha. O'Neill le travaille en bleu ciel et jaune d'or. B. Snowboards signe un ensemble à carreaux rouge et noir. Toujours dans l'esprit punk and rock'n roll, Tilmann Wrobel pointe le succès tenace du camouflage, devenu incontournable, et celui naissant des motifs tatouages. Rip Curl appose ainsi un décor maori sur son Gore-Tex Soft Shell, la dernière génération de membranes imper-respirantes. Une bonne façon d'exhiber son attitude rebelle comme ses origines claniques – ici celles du surfwear des mers – sans trop se dénuder. Car le temps où les snowboarders se contentaient de détourner les tenues réglementaires du surf d'eau et du streetwear, glissaient en pantalon baggy et blouson à grande capuche, en tenues militaires ou de travail (façon workwear) est révolu. Place aujourd'hui aux tenues chaudes spécialement étudiées. Le Soft Schell, qui allie confort et protection, est extensible, respirant et douillet grâce à son envers en fine polaire. Mais le produit, obligatoirement innovant, doit conserver «une touche d'originalité», souligne Olivier Lemoine, directeur marketing de Rip Curl. Car l'esprit fun et décalé, cher aux snowboarders, est toujours là.

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