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20/12/2013

Warren Buffett tire ses profits de la baisse du dollar.

Warren-Buffett-9230729-1-402.jpgWarren Buffett, le deuxième homme le plus riche d'Amérique, a rendu compte le week-end dernier d'un recul de 10% des profits de son holding, Berkshire Hathaway. Ses actionnaires ne devraient pas trop lui en tenir rigueur. La firme a tout de même gagné 7,3 milliards de dollars l'an dernier. Agé de 83 ans, Warren Buffett reste un gourou aux yeux de millions d'investisseurs. D'autant que les résultats de son groupe au quatrième trimestre 2013 ont bondi de 40%, dopés par une plus-value de 1,63 milliard de dollars grâce à un pari heureux sur la dépréciation de la devise américaine.


Berkshire Hathaway est le véhicule par lequel Warren Buffett détient sa place de premier actionnaire de firmes comme Coca-Cola, American Express et Gillette. Mais 65% du chiffre d'affaires du holding provient toujours du secteur de la réassurance (General Re) et de l'assurance. La capitalisation boursière de Berkshire Hathaway dépasse 137 milliards de dollars. Plus de 42 milliards sont détenus par Warren Buffett lui-même. Son ami Bill Gates, fondateur de Microsoft, est le seul Américain plus riche que lui. Voilà trois ans que Berkshire Hathaway mise sur la baisse du dollar, même si le gourou maintient qu'il préférerait de loin que le billet vert s'apprécie. Il juge cependant que l'accumulation de déficits commerciaux par les Etats-Unis mine le dollar. «Notre économie est de très loin la plus forte du monde et va continuer de l'être. En aucune manière notre conviction (sur la tendance baissière du dollar) ne repose sur un doute quant à la force de l'Amérique», précise Warren Buffett.


Son holding avait fin décembre accumulé pour près de 1,8 milliard de dollars de contrats sur les marchés à terme dans un panier de devises étrangères. Une chute de 20% du dollar par rapport à ce panier se traduirait par un gain de près de 5 milliards de dollars pour Berkshire Hathaway.


Warren Buffett et son associé Charlie Munger, âgé de 85 ans, se désolent de ne pas trouver de sociétés ou des participations intéressantes à acquérir avec leur trésorerie de plus de 43 milliards de dollars. Ils promettent de faire de leur mieux pour saisir des opportunitésà condition que le potentiel de croissance et le prix leur conviennent. Depuis 1965, date à laquelle ils ont pris le contrôle de Berkshire Hathaway, la prudence et le jugement de Buffett et Munger ont payé. Une participation de 10 000 dollars dans leur holding à l'époque vaudrait 50 millions de dollars aujourd'hui.

Trop d'acteurs sur la place?

Les investisseurs français restent très sensibles à l'évolution des marchés financiers. En avril, mois pour le moins chaotique en Bourse, le nombre d'ordres exécutés chez les courtiers en ligne a baissé de 5,5% (598 300 ordres). Cette tendance s'est semble-t-il prolongée ce mois-ci. Certains courtiers jouent aujourd'hui les cassandres en tablant sur année 2005 comparable à 2004, où le nombre d'ordres exécutés était en recul par rapport à 2003. «Du coup, on peut s'attendre à une nouvelle vague de concentration», prédit Paul Mizrahi, président du directoire de Fortuneo Direct Finance. Il existe aujourd'hui une dizaine de courtiers en ligne. Mais, trois d'entre eux (Cortal Consors, Boursorama, Fortuneo) totalisent 70% de parts de marché.

Les courtiers en ligne au banc d'essai

Petite révolution chez les courtiers en ligne. Le Net ne leur suffit plus. Plusieurs de ces intermédiaires, qui proposent aux particuliers de gérer directement leurs actifs financiers via Internet, ouvrent aujourd'hui des agences commerciales dans les grandes villes françaises.

C'est le cas de l'un des leaders du marché, Cortal Consors, mais aussi de Bourse Direct ou encore de Symphonis. Ce dernier a annoncé cette semaine la création de six bureaux de vente, appelés Espaces Patrimoine. Bourse Direct, lui aussi à la tête de quatre agences «en dur», ouvrira en juin une antenne à Nantes et une autre un peu plus tard à Lyon.


De son côté, Cortal Consors – qui possède déjà depuis plusieurs années six agences en région rebaptisés Villages du Patrimoine – s'apprête à en ouvrir six autres, dont deux à Paris. Toutefois, seuls les clients les plus fidèles pourront obtenir des conseils de gestion patrimoniale personnalisés dans ces nouvelles agences. «Nous n'avons pas pour ambition de créer un réseau. A l'image de Schwab aux Etats-Unis, nous souhaitons être en mesure de répondre à tous les besoins de nos clients par téléphone, Internet mais aussi donc par le face-à-face dans une univers d'épargne de plus en plus complexe», justifie Benoît Gommard, directeur général de Cortal Consors.


Cette présence doit permettre de toucher les investisseurs réfractaires à la souscription de contrats en ligne. Car les courtiers en ligne sont devenus au fil du temps des distributeurs généralistes d'épargne. Leur offre ne cesse de s'enrichir. Cortal Consors proposera des contrats d'assurance-vie de sa maison mère, BNP Paribas et Symphonis de l'immobilier ou des FCPI.


La force de ces intermédiaires financiers est de proposer des produits simples à prix réduit, notamment des contrats d'assurance vie sans droit d'entrée (Boursorama, ING Direct...). Les frais de gestion sont aussi la plupart du temps inférieurs à ceux des grands réseaux et les courtiers en ligne donnent accès à une large palette d'OPCVM. Le tout assorti de services d'information et de conseils via Internet. Symphonis, par exemple, vient de lancer les «Sicav Stars», soit une sélection d'une dizaine de fonds de «qualité».


Mais, semble-t-il, tout cela ne suffit pas. «En matière d'épargne, le conseil et le rapport humain sont très importants pour certains de nos clients, en particulier en province», explique Virgine de Vichet, responsable du marketing chez Bourse Direct. Un avis partagé par de nombreux courtiers. «Les Français sont encore peu nombreux à acheter de l'épargne par le biais d'Internet. L'achat d'OPCVM en ligne ne représente que 15 à 20% de la collecte», précise Benoît Gommard.


Tous les courtiers n'envisagent pourtant pas de se lancer dans la relation en face à face avec leurs clients. «C'est précisément la distribution par Internet de nos produits d'épargne (Livret Orange, assurance-vie...) qui nous permet de proposer une offre avantageuse», précise André Coisne, président d'ING Direct France. Même son de cloche chez Boursorama. «Nous avons deux agences (Paris et Lyon) et n'envisageons pas d'en ouvrir d'autres, car nous privilégions l'assistance par téléphone et proposons aussi des outils d'aide à la décision», explique Benoît Grisoni, directeur de Boursorama Invest. Des solutions moins coûteuses que des agences «en dur». Reste à savoir alors si le développement de points de vente n'occasionnera pas à terme des hausses tarifaires. «Non», répond-on chez Cortal Consors ou Symphonis.


En attendant, les courtiers en ligne restent moins chers que leurs concurrents bancaires traditionnels. Tant pour les produits financiers que pour le courtage, cœur de leur activité. Au cours des cinq dernières années, les banques traditionnelles ont pourtant divisé leurs frais de courtage par deux. Et elles appliquent une tarification avantageuse à leurs clients qui passent leurs ordres de Bourse via leur site Internet. «Mais nous avons nous aussi divisé nos tarifs par deux. Résultat, dans l'ensemble, nous restons trois ou quatre fois moins chers que les grands réseaux, qui de plus proposent moins de services que nous», assure Paul Mizrahi, président du directoire de Fortuneo Direct Finance.


Choisir un courtier en ligne n'est pas facile, tant il est difficile de comparer leurs offres tarifaires très segmentées. Les investisseurs peu actifs, passant un à deux ordres par mois (ou moins), seront attentifs aux droits de garde, mais aussi aux abonnements incompressibles. De plus en plus, les courtiers imposent en effet des abonnements mensuels aux investisseurs peu actifs. Symphonis par exemple, facture 6 euros par mois aux investisseurs qui ont passé moins de deux ordres (exécutés). Et Boursorama impose un abonnement de 5 euros pour moins d'un ordre (exécuté) pendant le mois.

En revanche, les plus actifs, qui réalisent des opérations d'arbitrage tous les jours, privilégieront les forfaits. Et les intermédiaires proposant le plus de services : dans certains cas, ils ont accès gratuitement à des outils comparables à des salles de marché virtuelles.