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18/10/2013

L'épine dorsale du thermalisme.

«Pour soulager un rhumatisme, thalassothérapie et thermalisme ne sont pas opposés. Je conseille même souvent aux patients d'aller en bord de mer avant et après une cure chez nous»,

déclare le Dr Jacques Oudot, médecin de la station thermale d'Allevard-les-Bains. Mais la rhumatologie reste une spécialité thermale. Elle représente plus de la moitié des cures de trois semaines prises en charge par la Sécurité sociale et 75 % des stations sont agréées pour les soigner. Les nombreux sites qui accueillent sur moins de douze jours pour des «mini-cures» non remboursées ou des forfaits de remise en forme, type instituts marins, en tirent un crédit supplémentaire.

Car, tout naturellement, les victimes de contractures ou autres vertèbres délicates bénéficient alors dans les centres des soins professionnels habituellement prodigués aux curistes plus sérieusement atteints. La garantie d'un processus médicalisé, une hygiène sous surveillance étroite, des kinésithérapeutes et non des masseurs et une eau thérapeutique: pour les clients «bien-être», ce sont autant d'atouts hérités du volet «blouses blanches et maladie» et transposés dans un cadre plus cocooning ou ludique, fruit des efforts de rénovation des établissements ces dernières années. «Le thermalisme est une polythérapie, insiste cependant le Dr Oudot.

Elle associe la climatologie, l'hydrothérapie (qui agit aussi bien avec l'eau du robinet), la pédagogie et la crénothérapie qui, elle, dépend de l'eau employée. Or celle issue d'une source thermale est un médicament en soi, impossible à synthétiser en comprimé.» Et cette eau pharmacologique soulage notre colonne *. La pénétration d'ions sulfureux a notamment des effets anti-inflammatoires. A Salins-les-Bains, le Dr Jean-Michel Rigaux, directeur de l'établissement thermal, souligne la particularité du sel. «Il déshydrate et déclenche un phénomène d'osmose qui désinfiltre les articulations souffrantes. Le cartilage y gagne en mobilité», explique-t-il. Sans compter le potassium, le magnésium et le calcium qui bloquent la douleur à son point de départ. Chaudes, les boues chargées de minéraux et l'eau des bains et des douches dispensent leurs effets antalgiques de nos cervicales à nos lombaires. Les jets, bulles ou rampes y jouent les agents massant et décontracturant.

A Néris-les-Bains, on s'allonge même dans une étuve cervico-lombaire, fauteuil d'où surgissent des jets de vapeur qui réchauffent toutes nos vertèbres en douceur. La chaleur assouplit les muscles et favorise l'amplitude de mouvement lors des séances de rééducation en piscine sous la conduite d'un kinésithérapeute. On tâche de maintenir sans fléchir l'indispensable bascule du bassin vers l'avant en serrant les abdominaux, position protectrice de la colonne vertébrale. Et tout comme en salle, on effectue des exercices d'assouplissement, de musculation du dos et de tonification des abdominaux. En grande majorité, les problèmes sont dus à des raideurs. Hormis les massages personnalisés qui relaxent et soulagent, c'est à nous de corriger les mauvaises habitudes gestuelles qui créent ces tensions. La station d'Allevard est l'une des rares stations thermales à posséder une «école du dos» avec salle équipée pour s'entraîner in situ à faire un lit, à se pencher au-dessus d'un lavabo ou passer l'aspirateur. Les participants repartiront avec un ouvrage de 50 pages récapitulant les connaissances théoriques et les exercices de gymnastique acquis au cours de la mini-cure. D'autres, comme Bagnoles-de-l'Orne, intègrent dans leur forfait une demi-heure quotidienne de prophylaxie vertébrale. Ce cours en petit groupe aborde l'anatomie et la physiologie du dos, les pathologies, les techniques de ramassage et de transport de poids... Là aussi, on glissera un document de synthèse dans sa valise. Enfin, certains forfaits «dos en forme» se contentent de soulager, d'apporter un mieux-être sans ambition pédagogique.