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28/10/2012

dollar, yen et or

un article de Dominique Thiébaut

Tiercé dollar, yen et euro ; l'or noir remonte et le métal jaune reflue

 

Rebond. Le dollar a repris du poil de la bête  alors que la tension espagnole diminue - ce qui rend moins attrayant l'euro...- et que c'est le yen qui prend la main, avec un pas vers le QE japonais...La monnaie nipponne bénéficie à nouveau de son statut de valeur refuge, nous expliquen les agences de presse, dans un contexte de crise de la dette européenne et d'essouflement de l'économie américaine; mardi, le yen se reprenait après être chuté la veille à l'annonce d'un très mauvais indicateur économique japonais. La devise européenne, quant à elle, peine à retouver sa piste hausière face au billet vert; ce qui recommencerait si l'euro parvenait à se hisser à 1.3130 dollar. De leur coté, les cours du pétrole rebondissaient mardi matin en Asie, dans un mouvement de chasse aux bonnes affaires après la baisse de la veille causée par des craintes sur la demande mondiale. Le baril de WTI décembre gagnait 29 cents à 88,94 dollars, alors que le Brent décembre s'appréciait de 29 cents à 109,73...A noter que l'or, comme les autres métaux précieux, a vu son prix de nouveau fléchir alors que se dissipe l'enthousiasme suscité en septembre par des mesures de la Fed pour soutenir l'économie prises après une série d'indicateurs encourageants aux Etats-Unis. Le cours du métal jaune avait atteint début octobre un sommet depuis onze mois à près de 1 800 dollars l'once...

 

CHANGES. L'euro cédait du terrain mardi après sa poussée de la veille liée à un apaisement des inquiétudes concernant l'Espagne, alors que les investisseurs spéculaient en Asie sur un nouvel assouplissement de la banque centrale japonaise (BoJ).
Vers 06H00 GMT (08H00 à Paris), l'euro valait 1,3047 dollar contre 1,3060 dollar lundi vers 21H00 GMT.
La monnaie unique européenne reculait face à la devise nippone à 104,23 yens contre 104,43 yens lundi soir. L'euro était monté lundi après-midi à 104,46 yens, son plus haut niveau depuis début mai face à au yen.
Le dollar reculait également face à la monnaie japonaise à 79,88 yens contre 79,95 yens lundi soir, évoluant toutefois à des niveaux plus vus depuis début juillet.
Vers 06H00 GMT, la livre britannique remontait face à la monnaie unique à 81,48 pence pour un euro - après être tombée lundi à 81,64 pence, son niveau le plus faible depuis mi juin. La livre sterling était stable face au billet vert à 1,6011 dollar.
La devise helvétique baissait face à l'euro à 1,2108 franc suisse pour un euro, et face au billet vert à 0,9280 franc suisse pour un dollar.

 

A SAVOIR. Dans l'ensemble, l'euro reculait un peu après les gains de la veille dans la foulée d'élections régionales qui se sont tenues dimanche en Espagne et dont l'issue a été bien accueillie. Bien que fragilisé par la crise sans précédent que rencontre le pays, le chef du gouvernement Mariano Rajoy,a sauvé la face en Galice, sa région natale où la droite a gardé la majorité.
A NOTER. C'est le yen qui concentrait les échanges mardi. La monnaie nipponne, qui a bénéficié depuis plusieurs mois de son statut de valeur refuge dans un contexte de crise de la dette européenne et d'essouflement de l'économie américaine, se reprenait mardi après sa chute de la veille provoquée par l'annonce d'un très mauvais indicateur économique japonais.
En septembre, la balance commerciale du pays a en effet subi en septembre un lourd déficit de 558,6 milliards de yens (5,5 milliards d'euros), du jamais-vu depuis 1979. Les exportations nippones ont chuté de 10,3% à cause d'une mauvaise conjoncture mondiale qui réduit la demande en machines et voitures nippones, aggravée par les effets collatéraux de la crise diplomatique avec la Chine.
Lundi, la Banque du Japon (BoJ) a rappelé dans un rapport trimestriel le mauvais état de l'économie du pays alimentant les spéculations des investisseurs sur de nouvelles mesures d'assouplissement pour relancer la croissance nippone à l'occasion de sa réunion du 30 octobre.
"Il est entendu que la BoJ va faire quelque chose. L'attention se porte maintenant sur ce que sera ce quelque chose", a relevé Takumi Nomura, cambiste chez Bank of Tokyo-Mitsubishi, interrogé par Dowjones Newswires
Mardi, le ministre japonais des Finances, Koriki Jojima, a démenti des informations de médias nippons évoquant une demande du gouvernement à la BoJ pour qu'elle renforce son programme de rachat d'actifs d'une enveloppe globale de 80.000 milliards de yens (800 milliards d'euros).
Les cambistes attendaient par ailleurs la réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) prévue mardi et mercredi, sans toutefois compter sur de grands bouleversements à quelques jours maintenant de l'élection du prochain président des Etats-Unis.

 

 

 

 

PETROLE. Les cours du baril rebondissaient mardi matin en Asie, dans un mouvement de chasse aux bonnes affaires après la baisse de la veille causée par des craintes sur la demande mondiale. Le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en décembre, dont c'est le premier jour de cotation, gagnait 29 cents à 88,94 dollars, dans les échanges matinaux, alors que le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre s'appréciait de 29 cents à 109,73. Lundi, le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en novembre, dont c'était le dernier jour de cotation, avait reculé de 1,32 dollar à 88,73 dollars, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex). A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre avait terminé à 109,44 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE), en baisse de 70 cents.

 

A SAVOIR. Les cours se reprenaient après "avoir nettement reculé la veille en raison de résultats décevants d'entreprises américaines, et d'une baisse des attentes du marché sur la reprise économique mondiale", a déclaré Justin Harper, analyste chez IG Markets Singapore. "Je pense que ce sont les chasseurs de bonnes affaires qui reviennent, après une forte baisse" des cours, a-t-il ajouté.

 

A NOTER. La veille, le marché pétrolier à New York avait accueilli fraîchement la publication des résultats trimestriels du premier constructeur mondial d'engins de chantier, l'américain Caterpillar. Le groupe, considéré comme un baromètre de l'industrie, a averti qu'il s'attendait à un net ralentissement au quatrième trimestre, et abaissé ses prévisions pour l'année, citant la faiblesse de l'économie en Europe et le ralentissement en Chine.

 

MATIERES PREMIERES. L'or, comme les autres métaux précieux, a vu son prix de nouveau fléchir cette semaine alors que se dissipe l'enthousiasme suscité en septembre par des mesures de la Réserve fédérale américaine (Fed) pour soutenir l'économie, après une série d'indicateurs encourageants aux Etats-Unis. Le cours de l'or, qui avait atteint début octobre un sommet depuis onze mois à près de 1 800 dollars l'once avant de battre en retraite, a accentué son recul cette semaine, glissant en début de semaine à 1 728,85 dollars, au plus bas depuis 5 semaines, avant de rester cantonné les jours suivants dans une fourchette étroite. "L'euphorie qui avait suivi (mi-septembre) le lancement du nouveau programme d'assouplissement monétaire de la Fed s'est largement évanouie au cours des deux dernières semaines", remarquait Michael Lewis, analyste de Deutsche Bank. Se traduisant par des injections de liquidités dans l'économie, ces mesures de la Fed destinées à stimuler l'activité contribuent à alimenter l'inflation, contre laquelle l'or est réputé être un bouclier efficace, et tendent à diluer la valeur du dollar, ce qui rend plus attractifs les achats de métaux précieux libellés dans la monnaie américaine pour les acquéreurs munis d'autres devises. Or, le marché a été refroidi cette semaine par une vague d'indicateurs jugés encourageants aux Etats-Unis, dont des statistiques immobilières meilleures que prévu, ainsi que de forts rebonds de la production industrielle. "Ces indicateurs économiques plus solides que prévu font redouter que la Fed réduise ses rachats d'actifs, et donc limite l'impact que ses mesures" ont sur l'inflation et la valeur du dollar, soulignait Austin Kiddle, du courtier Sharps Pixley. Dans ce contexte, "on voit s'affaiblir la demande pour les fonds ETFs", instruments financiers adossés à des stocks physiques d'or, et "le cours du métal jaune pourrait piétiner pendant plusieurs mois, en l'absence probable de nouvelles actions des grandes banques centrales", selon M. Lewis. Cependant, plusieurs analystes s'attendent à voir l'or rebondir avec vigueur à moyen terme. "Il faudrait un nouveau catalyseur (pour revigorer l'or), et cela pourrait probablement être une nouvelle escalade de la crise de la zone euro, qui susciterait un regain d'appétit pour l'or comme valeur-refuge", soulignait Julian Jessop, analyste du cabinet Capital Economics. La perspective d'un "mur budgétaire" aux Etats-Unis (une refonte automatique du budget qui imposera début janvier augmentation massive des impôts et fortes coupes budgétaires à moins d'un accord d'ici là entre partis républicain et démocrate) "pourrait aussi redonner des couleurs à l'or", ajoutait M. Jessop, tablant sur un nouveau record, à 2 000 dollars l'once, "dans les prochains mois". Sur le London Bullion Market, l'once d'or a terminé à 1 737 dollars la semaine au fixing du soir contre 1 766,75 dollars la semaine précédente.

L'argent métal, considéré comme une alternative, meilleur marché au métal jaune, est resté cette semaine dans une marge de prix étroite autour de 30 dollars l'once. Le métal gris a terminé la semaine à 33,33 dollars l'once, contre 33,79 dollars sept jours auparavant.Quant aux métaux platinoïdes, dont le principal débouché est l'industrie automobile, ils ont été pénalisés cette semaine par l'annonce d'une chute de près de 11% sur un an en septembre des ventes de voitures neuves dans l'Union européenne. "Les perspectives moroses de la demande plombent les prix, et ce en dépit des perturbations persistantes sur la production en Afrique du Sud", premier pays exportateur de platine et dont le secteur minier est agité depuis mi-août par un violent conflit social, a observé le courtier spécialisé Johnson Matthey. Sur le London Platinum and Palladium Market, l'once de platine a terminé la semaine à 1 633 dollars contre 1 678 dollars une semaine auparavant. L'once de palladium a fini à 638 dollars contre 650 dollars la semaine précédente.

l'éclat de l'or se ternit

Source: Ma presse Canada.

 
Le cours de d'or a enregistré un nouveau repli cette semaine, entraîné dans... (PHOTO REUTERS)

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PHOTO REUTERS

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    Julien Girault

Le Prix or a enregistré un nouveau repli cette semaine, entraîné dans l'accès de morosité des marchés financiers mondiaux et délaissé par les investisseurs en quête de liquidités, le prix de l'once descendant même brièvement sous 1700$, au plus bas en six semaines.

OR

Le métal jaune n'a pas échappé à la morosité ambiante qui a balayé cette semaine places boursières et marchés des matières premières, affolés par une salve de publications trimestrielles d'entreprises décevantes aux États-Unis comme en Asie, ravivant encore davantage les inquiétudes sur l'économie mondiale.

«Les investisseurs font face à des risques considérables pesant sur la croissance économique mondiale à court terme» et peuvent être incité à se délaisser de leurs métaux précieux pour se procurer des dollar, ce qui place le prix de l'or sous pression, ont résumé les analystes de Deutsche Bank.

«Les incertitudes politiques aux États-Unis et en Chine (avant une transition cruciale au pouvoir) coïncident avec un fléchissement des indicateurs économiques et on peut ajouter la crainte d'un choc budgétaire américain à la fin de l'année, concentrant l'attention sur les questions de liquidités et les menaces de déflation», expliquaient-ils.

Dans ce contexte, le cours du métal jaune a glissé mercredi jusqu'à 1699$ l'once, un niveau plus vu depuis le 7 septembre. Il a abandonné quelque 90$ (-5,3%) en l'espace de 20 jours.

«Il est clair que l'or reste vulnérable» à de nouvelles baisses mais «un rebond dans les semaines à venir est également tout à fait envisageable», ont tempéré les experts de Commerzbank.

En effet, selon eux, le marché de l'or «pourrait profiter à nouveau des mesures d'assouplissement monétaire extrêmes de la Banque centrale américaine (Fed)», lancées en septembre, et qui se traduisent par un affaiblissement du dollar, propre à rendre plus attractifs les achats de métaux précieux libellés dans la monnaie américaine pour les investisseurs munis d'autres devises.

L'or s'est d'ailleurs redressé vendredi, après la publication de chiffres meilleurs qu'attendu sur la croissance américaine au troisième trimestre, qui ont revigorés les devises jugées plus risquées comme l'euro, au détriment du dollar.

De plus, «la récente baisse des cours de l'or s'est traduit par un appétit accru de la part des acheteurs chinois et une nette remontée des volumes d'échanges sur le marché de l'or shanghaïen (Shanghai Gold Exchange)», a ajouté Suki Cooper, analyste de Barclays Capital, précisant qu'«une tendance similaire apparaît en Inde».

La Chine et l'Inde sont les deux principaux pays consommateurs d'or dans le monde.

Sur le London Bullion Market, l'once d'or a terminé à 1716$ vendredi contre 1737$ le vendredi précédent.

ARGENT

Considéré comme une alternative meilleur marché au métal jaune mais également métal industriel, l'argent a pâti comme l'or du manque de confiance des investisseurs, sombrant jeudi à 31,52$ l'once, au plus bas depuis fin août.

Le métal gris a terminé vendredi à 31,67$ l'once, contre 33,33$ sept jours auparavant.

PLATINE/PALLADIUM

Les métaux platinoïdes, dont le principal débouché est l'industrie automobile, se sont eux aussi repliés cette semaine, plombés par une conjoncture économique morose et le renchérissement du dollar, l'annonce de nouvelles fermeture d'usines automobiles en Europe contribuant à renforcer le pessimisme des opérateurs.

Alors que se poursuivent les perturbations de la production des mines d'Afrique du Sud (premier pays exportateur de platine), toujours agitées par de violents conflits sociaux, les cours du platine ont désormais effacé les gains qu'ils avaient engrangés au mois de septembre, alors que les grèves dans le pays étaient au plus fort.

Sur le London Platinum and Palladium Market, l'once de platine a terminé vendredi soir à 1572$ contre 1633$ une semaine auparavant.

L'once de palladium a fini à 605$ contre 638 $ le vendredi précédent.

20/10/2012

l’arnaque aux pièces d’or.

Un tres bon article de Rue 89. Source: www.rue89.com

Et vous, vous a t'on deja vendu du faux or?

J’ai été victime de l’arnaque aux pièces d’or.

 

Des pièces d’or (en chocolat) (Stevendepolo/Flickr/CC)

Pour éviter que d’autres vivent le même cauchemar, je trouve nécessaire de partager la mésaventure qui m’est arrivée récemment à Paris.

Tout a commencé par la lecture des deux derniers livres de Pierre Jovanovic, « 777 » et « Blythe Masters ». Ses analyses sont d’une pertinence remarquable et pas mal de mes certitudes sur l’ordre apparent du monde ont ainsi vacillé.

Je fais alors des recherches sur Internet et découvre moult sites ou blogs traitant de sujets analogues. Finalement tout ceci m’amène à décider d’investir dans des pièces d’or.

Paré pour affronter l’effondrement financier

Making of

Robin F. préfère témoigner anonymement, « quand on a à faire avec ce genre d’escrocs, on ne sait jamais ce qu’il peut arriver. »

Il a porté plainte contre X pour escroquerie.

Alors comment acheter de l’or sans risquer de me faire avoir (je n’y connait rien du tout) ? Comme je trouve plein d’articles parlant de fausses pièces et qui m’inquiètent, j’approfondis mes recherches, rassemble de multiples documents et photos, apprends les trucs pour tester les pièces, et j’achète tout le matériel : livres, balance de précision, pierre de touche et réactifs, loupe, etc.

Me sentant désormais prêt, je furète sur les sites de vente en ligne et de petites annonces. Renonçant à la vente à distance – trop risquée – je retiens quelques petites annonces me paraissant sérieuses. Finalement, je fais des achats à hauteur de mon budget auprès de trois vendeurs (deux particuliers et un revendeur que l’on m’avait recommandé). Le prix était légèrement au-dessus du cours international et en-dessous du cours Cpror. Toutes mes économies y passent : me voilà paré pour affronter l’effondrement financier inéluctable.

Quelques jours plus tard, au cours d’une conversation avec des amis sur ce sujet, je leur montre mes pièces, tout fier. Mais une amie qui travaille dans une banque émet de forts doutes sur un des trois lots. Mon sang se glace : cela représente les deux tiers de mes économies ! Et si je me suis fait arnaquer malgré toutes mes précautions ? Elle me conseille de faire expertiser mes pièces et me recommande une officine spécialisée sur Paris.

J’ai perdu quelques milliers d’euros

Cette nuit-là, impossible de dormir ! Et si j’ai tout perdu ? Je repense sans cesse l’achat du lot en question (des 20 francs or Napoléon tête laurée) dans un café proche de la Bourse. Je revois la tête du vendeur qui m’avait paru fort sympathique : un gars avec l’accent du sud, vers la soixantaine et qui ressemblait à un acteur américain. Un type très avenant et à qui on aurait fait toute confiance.

Dès le lendemain, j’amène mes trois lots à l’officine. Mon inquiétude grandit au fur à mesure que l’expert examine les pièces, et quand à la fin il m’annonce que tout le lot suspect est bien faux, je me décompose sur place. Pourtant, j’avais fait tous les tests ; je ne comprends pas. Il me dit que c’est des contrefaçons de très bonne facture, et que n’importe quel débutant s’y serait laissé prendre. Je suis totalement effondré. Anéanti.

J’ai perdu quelques milliers d’euros.

Heureusement, les petits lots achetés aux deux autres vendeurs sont bons. Ouf, un tiers de mes économies est sauvé. Puis nous discutons un long moment et il m’explique plein de choses, que je vais vous résumer.

Une aubaine pour les faussaires

Depuis quelques années, la conjoncture de crise financière a engendré une certaine inquiétude chez le grand public et la demande pour les investissements en métaux précieux a fortement augmenté. Le phénomène a été renforcé par la blogosphère où certains blogueurs hyperactifs attisent les braises sous le vent de la crise. Or, lorsque la demande explose, la clientèle s’élargit : il arrive donc sur le marché plein d’acheteurs potentiels qui n’y connaissent souvent rien.

Pour payer moins cher et éviter les taxes et les formalités, le marché parallèle est très attrayant. Pourtant, il est fort risqué de s’y aventurer sans expérience, car c’est une aubaine pour les faussaires qui profitent de ce juteux marché en expansion, face à tous ceux qui arrivent sans avoir les moyens de détecter les arnaques.

En fait, depuis toujours les pièces d’or ont attiré les faussaires et quasiment toutes les pièces françaises ont été contrefaites. Il y a eu des faux plus ou moins réussis selon les époques, mais aujourd’hui les techniques modernes sont très performantes et permettent de produire des contrefaçons d’une excellente facture. Et alors qu’il y a peu de chance d’en retrouver chez les revendeurs officiels, elles sont très fréquentes sur le marché parallèle.

Les différents types de contrefaçons

On trouve quatre types principaux de contrefaçons. Les plus souvent détectées ces dernières années appartiennent aux deux dernières catégories.

  • pièces en métal quelconque plaqué or. Faux souvent anciens, faciles à identifier au poids ;
  • pièces en or au bon titre, mais qui ne sont pas d’origine. La gravure ou la frappe sont imparfaites ou ont des erreurs. Faux souvent anciens, au bon poids, mais faciles à identifier à l’observation ;
  • pièces en or avec un titre inférieur. Faux anciens et modernes, au bon poids, mais relativement faciles à détecter à l’observation et la touche ;
  • pièces fourrées au tungstène, comme pour les lingots. Faux modernes, au bon poids et bon titre : les plus difficiles à détecter.

Pour mémoire, les titres officiels de l’or sont : 24 carats (999/1000 d’or pur), 22 carats (917/1000), 20 carats (833/1000), 18 carats (750/1000). Il existe le titre 800/1000 (19,2 carats) au Portugal, et 900/1000 correspond à 21,6 carats.

Pour la troisième catégorie (pièces d’or avec un titre inférieur), prenons les pièces françaises à 900/1000. Tester la pièce avec un acide 20-24 k tout fait et une seule trace sur la pierre de touche, ne permet pas forcément de détecter les faux. Comme cet acide est calibré pour 833, une pièce de ce titre passera le test avec succès, mais elle contiendra en réalité moins d’or que la 900.

Pour contourner ce problème, il faut toujours faire une touche comparative : on réalise deux traces sur la pierre, une avec la pièce à tester, l’autre avec un touchau au titre choisi (900/1000, soit 22 k). Si le titre de la pièce testée est inférieur, l’acide dissoudra plus cette trace et la couleur disparaitra un peu plus que sur celle de référence.

Un test complémentaire très utile est celui de la sonorité. Une pièce d’or authentique a un timbre spécifique, et le son d’une avec moins d’or (et plus de cuivre, tungstène, etc.) sera différent. Ainsi, en faisant sonner les pièces, on peut arriver par comparaison à détecter les contrefaçons. Cela demande néanmoins une grande habitude.

Les contrefaçons de la quatrième catégorie sont techniquement très élaborées et si bien faites que les tests classiques ne sont pas suffisants. En effet, le titre est souvent bon et comme le tungstène a la même densité que
l’or, le poids est respecté.

Il y a quelques décennies, ce type de fraude ne concernait que les lingots. Puis, la technique s’est perfectionnée et apparut sur les grosses pièces de 20 à 24 carats comme les 100 FF. Mais aujourd’hui même les petites
pièces comme les 20 FF sont concernées. Pour les lingots, un bloc de tungstène est enrobé de quelques mm d’or au bon titre : ces faux contiennent au final moins de 10 % d’or. Et dans les petits fourrés avec des barres de tungstène, la quantité d’or ne dépasse pas 40 %. Pour les pièces, une fine pastille de tungstène de quelques dixièmes de mm d’épaisseur est insérée entre deux couches d’or au bon titre : elles contiennent souvent moins de 50% d’or. Un vrai jackpot pour les trafiquants !

Ici aussi, le test de la sonorité peut attirer l’attention. Mais un seul test permet vraiment de détecter les faux : la résistivité électrique au moyen d’un micro-ohmmètre de précision. Cela fonctionne avec les lingots et les pièces de 20 à 24 K : comme chaque métal a une résistivité spécifique, on utilise des abaques selon les différents mélanges métalliques utilisés en fonderie. Et ce test est imparable. Ouf.

Doutes sur les pièces brillantes

Pour revenir aux pièces qu’on m’a refilées (voir la photo ci-dessous), ces Napoléons tête laurée sont des contrefaçons récentes : elles ont l’apparence de pièces neuves avec un aspect très brillant, ont un son aigu, sont très rouges, et le poids est bon.

Mais si on en observe plusieurs, côte à côte, à la loupe, on remarque que des traces d’usure et des marques se retrouvent à l’identique sur toutes les pièces : la pommette, l’arcade, la moustache, le bord des feuilles, les nœuds de la draperie, le haut des sceptres et la couronne. A l’évidence, la copie a été faite à partir d’une pièce usagée.

Enfin, elles ont un titre inférieur, mais je ne sais pas si elles ont une pastille de tungstène, car il n’a pas fait le test.


Faux Napoléon de Robin (Robin F.)

Il faut savoir que le temps qui passe mate tout métal et la pièce perd naturellement son brillant d’origine. En fait il n’existe que de rares exemplaires de ces pièces frappées il y a plusieurs décennies qui ont conservé un aspect d’origine exempt d’usure. Elles valent une fortune et ne se retrouvent pas sur le marché. Donc, que des pièces aussi anciennes soit si brillantes et que les traces d’usure soient identiques d’une pièce à l’autre, ça suffit pour immédiatement les identifier comme des contrefaçons.

Selon ses dires, tous les modèles de pièces françaises en or de 20 à 100 FF ont été copiés dans cette fabrication moderne. On retrouve ainsi des Louis, Napoléons, Cérès, Génies, Mariannes, etc.

A l’officine, en ce moment, la demande est très forte : les pièces d’or se vendent comme des petits pains. Il leur est difficile de tenir du stock, et il y a souvent des délais pour s’approvisionner. Il faut donc se méfier des revendeurs qui peuvent facilement fournir, ce qui pose tout de suite question sur la provenance des pièces.

Il semblerait que des réseaux soient structurés entre Paris et quelques grandes villes de province : les revendeurs écouleraient aussi bien des recels de cambriolages que des contrefaçons modernes provenant probablement de Chine. Ils s’appuieraient sur des sites Internet d’enchères et de petites annonces, et certains blogs serviraient de relais pour trouver le client.

Puis la technique est connue : on rassure le chaland avec un premier lot de pièces authentiques, puis une fois que la confiance s’est installée et que l’acheteur demande des quantités plus importantes, on fourgue les contrefaçons. Et si on n’est pas connaisseur ou si la méfiance se relâche, on peut facilement se faire avoir, au premier achat ou aux suivants.

Je ne m’en suis pas encore remis

Dès que je suis sorti de l’officine, je suis allé porter plainte : j’espère que je pourrai récupérer mon argent un jour. Moi qui pensais m’être correctement informé avant d’acheter, je me suis bien fait avoir. D’ailleurs je ne m’en suis pas encore totalement remis.

En tout cas, ça m’a servi de leçon, et la prochaine fois je n’achèterai que dans mon officine, même si c’est légèrement plus cher, surtout si ça m’évite de me faire arnaquer. Je ne saurais trop recommander à tous ceux qui ont acheté des pièces sur le marché parallèle ces derniers mois, de les faire examiner par un spécialiste.