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20/12/2013

Trop d'acteurs sur la place?

Les investisseurs français restent très sensibles à l'évolution des marchés financiers. En avril, mois pour le moins chaotique en Bourse, le nombre d'ordres exécutés chez les courtiers en ligne a baissé de 5,5% (598 300 ordres). Cette tendance s'est semble-t-il prolongée ce mois-ci. Certains courtiers jouent aujourd'hui les cassandres en tablant sur année 2005 comparable à 2004, où le nombre d'ordres exécutés était en recul par rapport à 2003. «Du coup, on peut s'attendre à une nouvelle vague de concentration», prédit Paul Mizrahi, président du directoire de Fortuneo Direct Finance. Il existe aujourd'hui une dizaine de courtiers en ligne. Mais, trois d'entre eux (Cortal Consors, Boursorama, Fortuneo) totalisent 70% de parts de marché.

Les courtiers en ligne au banc d'essai

Petite révolution chez les courtiers en ligne. Le Net ne leur suffit plus. Plusieurs de ces intermédiaires, qui proposent aux particuliers de gérer directement leurs actifs financiers via Internet, ouvrent aujourd'hui des agences commerciales dans les grandes villes françaises.

C'est le cas de l'un des leaders du marché, Cortal Consors, mais aussi de Bourse Direct ou encore de Symphonis. Ce dernier a annoncé cette semaine la création de six bureaux de vente, appelés Espaces Patrimoine. Bourse Direct, lui aussi à la tête de quatre agences «en dur», ouvrira en juin une antenne à Nantes et une autre un peu plus tard à Lyon.


De son côté, Cortal Consors – qui possède déjà depuis plusieurs années six agences en région rebaptisés Villages du Patrimoine – s'apprête à en ouvrir six autres, dont deux à Paris. Toutefois, seuls les clients les plus fidèles pourront obtenir des conseils de gestion patrimoniale personnalisés dans ces nouvelles agences. «Nous n'avons pas pour ambition de créer un réseau. A l'image de Schwab aux Etats-Unis, nous souhaitons être en mesure de répondre à tous les besoins de nos clients par téléphone, Internet mais aussi donc par le face-à-face dans une univers d'épargne de plus en plus complexe», justifie Benoît Gommard, directeur général de Cortal Consors.


Cette présence doit permettre de toucher les investisseurs réfractaires à la souscription de contrats en ligne. Car les courtiers en ligne sont devenus au fil du temps des distributeurs généralistes d'épargne. Leur offre ne cesse de s'enrichir. Cortal Consors proposera des contrats d'assurance-vie de sa maison mère, BNP Paribas et Symphonis de l'immobilier ou des FCPI.


La force de ces intermédiaires financiers est de proposer des produits simples à prix réduit, notamment des contrats d'assurance vie sans droit d'entrée (Boursorama, ING Direct...). Les frais de gestion sont aussi la plupart du temps inférieurs à ceux des grands réseaux et les courtiers en ligne donnent accès à une large palette d'OPCVM. Le tout assorti de services d'information et de conseils via Internet. Symphonis, par exemple, vient de lancer les «Sicav Stars», soit une sélection d'une dizaine de fonds de «qualité».


Mais, semble-t-il, tout cela ne suffit pas. «En matière d'épargne, le conseil et le rapport humain sont très importants pour certains de nos clients, en particulier en province», explique Virgine de Vichet, responsable du marketing chez Bourse Direct. Un avis partagé par de nombreux courtiers. «Les Français sont encore peu nombreux à acheter de l'épargne par le biais d'Internet. L'achat d'OPCVM en ligne ne représente que 15 à 20% de la collecte», précise Benoît Gommard.


Tous les courtiers n'envisagent pourtant pas de se lancer dans la relation en face à face avec leurs clients. «C'est précisément la distribution par Internet de nos produits d'épargne (Livret Orange, assurance-vie...) qui nous permet de proposer une offre avantageuse», précise André Coisne, président d'ING Direct France. Même son de cloche chez Boursorama. «Nous avons deux agences (Paris et Lyon) et n'envisageons pas d'en ouvrir d'autres, car nous privilégions l'assistance par téléphone et proposons aussi des outils d'aide à la décision», explique Benoît Grisoni, directeur de Boursorama Invest. Des solutions moins coûteuses que des agences «en dur». Reste à savoir alors si le développement de points de vente n'occasionnera pas à terme des hausses tarifaires. «Non», répond-on chez Cortal Consors ou Symphonis.


En attendant, les courtiers en ligne restent moins chers que leurs concurrents bancaires traditionnels. Tant pour les produits financiers que pour le courtage, cœur de leur activité. Au cours des cinq dernières années, les banques traditionnelles ont pourtant divisé leurs frais de courtage par deux. Et elles appliquent une tarification avantageuse à leurs clients qui passent leurs ordres de Bourse via leur site Internet. «Mais nous avons nous aussi divisé nos tarifs par deux. Résultat, dans l'ensemble, nous restons trois ou quatre fois moins chers que les grands réseaux, qui de plus proposent moins de services que nous», assure Paul Mizrahi, président du directoire de Fortuneo Direct Finance.


Choisir un courtier en ligne n'est pas facile, tant il est difficile de comparer leurs offres tarifaires très segmentées. Les investisseurs peu actifs, passant un à deux ordres par mois (ou moins), seront attentifs aux droits de garde, mais aussi aux abonnements incompressibles. De plus en plus, les courtiers imposent en effet des abonnements mensuels aux investisseurs peu actifs. Symphonis par exemple, facture 6 euros par mois aux investisseurs qui ont passé moins de deux ordres (exécutés). Et Boursorama impose un abonnement de 5 euros pour moins d'un ordre (exécuté) pendant le mois.

En revanche, les plus actifs, qui réalisent des opérations d'arbitrage tous les jours, privilégieront les forfaits. Et les intermédiaires proposant le plus de services : dans certains cas, ils ont accès gratuitement à des outils comparables à des salles de marché virtuelles.

Le pétrole au centre des préoccupations de la bourse américaine

 La Bourse américaine, en baisse depuis le début de l'année, va continuer à évoluer au gré des fluctuations des cours du brut alors que les opérateurs sont préoccupés de l'impact de la flambée du pétrole sur la croissance économique aux Etats-Unis, selon les analystes.

La Bourse américaine a enregistré la semaine passée sa quatrième baisse hebdomadaire consécutive. Le Dow Jones Industrial Average (DJIA), principal indicateur de Wall Street, a fini la semaine vendredi en recul de 0,37% à 10.404,30 points, alors que l'indice composite du Nasdaq s'est replié de 0,31% à 1.984,81 points.

Seul l'indice Standard and Poor's 500 (SP 500), plus représentatif de la tendance générale, a réussi à progresser de 0,12% pour clôturer à 1.172,92 points vendredi.

Le Dow et le SP 500 restent à leur plus bas niveau depuis la fin janvier dernier-


"Le marché est extrêmement volatile. A part mercredi, la semaine a été mauvaise", a souligné Al Goldman, stratège chez AG Edwards.

"Le principal problème est le prix du pétrole. Si les gens commencent à croire en un baril à plus de 100 dollars comme l'avance GoldmanSachs.com, cela créerait de sérieux vents contraires pour le marché" en raison des implications négatives pour l'économie, a expliqué M. Goldman.

Dans une étude destinée à ses clients, Goldman Sachs a estimé jeudi que les cours pourraient atteindre 105 dollars le baril, contre une précédente estimation de 80 dollars maximum, notamment en raison de la persistance d'une forte demande et des coûts structurels d'exploitation en hausse.

"Nous pensons que les prix du pétrole se trouvent au début d'une phase de fortes poussées de fièvre", souligne la banque d'affaires américaine qui évalue le plancher des cours à 100 dollars le baril.


Dans ce contexte et avec un indicateur économique vendredi qui a alimenté les craintes d'accélération des relèvements des taux directeurs américains, "les gens ont choisi la voie la plus facile en vendant avant le week-end", a observé Al Goldman.

Initialement rassuré par un chiffre des créations d'emplois inférieur de moitié aux attentes pour le mois de mars (110.000), le marché a vu ses inquiétudes sur l'inflation ravivées par une activité industrielle plus robuste que prévu le mois dernier, selon les chiffres publiés par les directeurs d'achats du secteur manufacturier (ISM).

M. Cardillo a également noté que la composante prix de cet indicateur "a explosé", ce qui garantit selon lui que "le pétrole, l'inflation et les taux d'intérêt vont rester au centre de l'attention du marché".

"Je soupçonne que les résultats de sociétés (publiés en masse à partir de la mi-avril, ndlr), vont être relégués au second plan", a prévu M. Cardillo.

Mais Al Goldman se dit "prudemment optimiste".

"Nous pensons que l'inflation ne va pas être un problème et que les taux à court terme vont monter mais pas de manière dramatique", a déclaré M. Goldman. L'actualité économique de la semaine prochaine va être très légère, avec essentiellement la publication jeudi des demandes hebdomadaires d'allocations chômage.